Samy Mmaee : « Le Maroc, ça coule dans mes veines »

Convoqué pour la première fois avec le Maroc, Samy Mmaee a fêté ses deux premières sélections face au Sénégal et à la RDC. Un rêve éveillé pour le jeune défenseur central qui a fait forte impression. Il est revenu sur sa première avec les Lions, la fierté de sa mère, ou sur son transfert avorté du coté de Saint-Etienne.

Quel bilan tires-tu de ton premier rassemblement avec le Maroc ? 

Un très bon bilan. Vraiment, ce n’est que du positif. J’ai été très bien accueilli par tout le monde que ce soit le staff, les joueurs. Il y avait une très bonne ambiance. Il y avait pas mal de nouveaux joueurs et des jeunes donc on se comprend vraiment tous, on a un peu tous le même état d’esprit. Ça s’est vraiment très bien passé, j’ai été bien intégré.

Dans ce groupe, il y a aussi Selim Amallah que tu connais bien. Pour l’intégration ça aide…

Selim, je le connais depuis quelques années. En jeune, on s’affrontait tout le temps. Après, je l’ai encore plus découvert quand on évoluait ensemble au Standard de Liège. C’est plus facile forcément de s’intégrer quand tu connais déjà quelqu’un. Mais honnêtement, tout le monde était accueillant.

Qu’est-ce qu’on ressent quand on représente pour la première fois son pays ?

De la fierté surtout. Beaucoup de fierté. De l’honneur aussi. Quand tu rentres sur le terrain, avec le maillot du Maroc et que tu entends l’hymne de ton pays, ça fait quelque chose. Tu repenses à tout le travail accompli, tu penses à ta famille. J’ai directement pensé à ma mère à ce moment-là. Je voulais la rendre encore plus fière. Rien que le fait d’être dans ce groupe, c’est un accomplissement…

Samy Mmae, en action, face au Sénégal

Pourquoi tu penses à ta mère à ce moment-là ?

Ce choix, c’est vraiment un choix du cœur. Il était pour ma mère. C’est elle qui s’est occupée de moi et mes frères jusqu’à aujourd’hui encore. Je voulais la rendre fière. Elle a tout donné pour nous. C’est aussi grâce à elle si j’en suis là.

Justement, tu pouvais aussi choisir la Belgique, tu y jouais en jeune… Tu n’as pas réfléchi au moment d’accepter le Maroc ? 

Non, c’était clair depuis le départ. J’ai joué en jeune avec la Belgique mais pour moi ça n’a rien à voir. Représenter sa vraie nation, son pays de sang, c’est différent, ce n’est pas les mêmes émotions. J’ai beaucoup de respect pour la Belgique, mais le Maroc c’est quelque chose d’autre, ça coule dans mes veines. 

Dans cette liste, tu étais un peu un inconnu. Est-ce que ça donne une motivation supplémentaire ?

Oui, c’est clair. Moi, je suis venu en tant qu’anonyme. Je joue en Belgique et tout le monde ne suit pas forcément ce championnat. Les supporteurs n’avaient pas forcément d’idée sur mon niveau ou sur moi. Pendant ces deux matches (ndlr : face au Sénégal et à la RDC), j’ai pu montrer qui j’étais, ça m’a motivé. Je pense que les supporteurs ont bien aimé, je suis content de ça.

Tu as aussi eu beaucoup de soutien sur les réseaux…

Oui, ça m’a vraiment fait plaisir. Comme je le disais, les gens ne me connaissaient pas forcément. Ça m’a fait chaud au cœur. Lire tous ces messages de félicitations, ça motive et ça permet de voir qu’ils ont aimé ce que tu as produit. Après ça, tu as envie de donner encore plus.

« Ils ne savaient pas que je souhaitais représenter le Maroc »

Tu as un profil rare au Maroc (ndlr : défenseur central droit), tu as forcément un gros coup à jouer…

J’en avais conscience, je savais que le sélectionneur était à la recherche d’un joueur de mon profil. Je crois que finalement, tout était bien aligné pour que ça se passe bien. 

Tu étais d’ailleurs suivi depuis un moment par la fédération, non ?

Ça fait longtemps. On était en contact déjà avant le confinement d’abord avec Mustapha Hadji puis avec Coach Vahid. On a eu beaucoup d’échange. Au départ, ils ne savaient pas que je souhaitais et que j’envisageais de représenter le Maroc. Je leur ai dit que pour moi, le Maroc était une grande nation et que je souhaitais la représenter. Sans la pandémie, j’aurais dû être convoqué en mars, juste avant le confinement.

Quelles ont été tes discussions avec Vahid justement ? 

On a parlé directement de jeu. Il m’a dit qu’il regardait beaucoup mes matches, il m’a donné des conseils sur ma manière de jouer. Pour lui, il y avait beaucoup de choses positives chez moi mais aussi des choses à améliorer. C’est normal. Il a clairement dit ce qu’il attendait de moi.

Tu as débuté contre le Sénégal et la RDC, deux équipes solides, ça te donne un aperçu du style de jeu sur le continent africain…

Oui mais je n’ai pas été surpris par le niveau de jeu, je m’y attendais. Je regarde beaucoup le football africain que ce soit la CAN ou même les qualifications. Je sais que c’est très physique, que c’est souvent du jeu basé sur la vitesse. Je m’attendais à ce genre de match contre ces deux nations. 

Samy Mmaee, lors de sa première séance d’entraînement avec la sélection

Dans ces matches, tu t’es illustré surtout dans ton impact physique, ça a dû plaire à Vahid Halilhodzic…

Justement, on en avait parlé avant le match. Il sait très bien qu’un premier match international, c’est spécial. Tu réfléchis beaucoup, tu as beaucoup de chose en tête. Il m’a conseillé de ne pas trop réfléchir, de jouer mon jeu parce qu’il connait mes qualités. Je devais être costaud et concentré, jouer simple pour être plus à l’aise.

Maintenant que tu es international, c’est quoi tes objectifs avec le Maroc ?

D’abord, l’objectif c’est ce prochain rassemblement parce qu’on peut obtenir une qualification pour la CAN. Si on se qualifie, pourquoi pas la gagner. Je sais qu’on peut le faire. Après bien sur, il y a cette Coupe du monde. Se qualifier et faire un beau parcours, ça aussi c’est un objectif. 

On peut aussi te souhaiter d’être un jour en sélection avec l’un de tes frères (les quatre garçons de la famille sont footballeurs)

(rires) Grave, j’espère. Ce serait beau. Jouer avec l’un de mes frères ou même plusieurs en sélection, c’est quelque chose.

Il y a à peine 3 ans, tu évoluais en D2 hollandaise. Aujourd’hui te voila en sélection. Le travail porte ses fruits…

C’est sur, il y a eu du travail derrière. Ses années n’ont pas toujours été facile mais j’ai continué à travailler. De toute façon, dans une carrière tout n’est pas tout beau, tout rose. Aujourd’hui, je suis récompensé avec une sélection. Maintenant, je regarde vers l’avant pour faire plus que ça.

« Si je peux passer un cap au prochain mercato, je le passerais. »

C’est là-bas, au MVV Maastricht, que tu réalises ta première saison pleine. C’était un choix pour toi d’aller plus bas pour mieux rebondir ?

Au Standard, j’étais très jeune. En tant que défenseur central, je n’ai jamais eu la chance de beaucoup jouer et d’enchainer les matches. J’ai fait le choix de partir en prêt, en D2 hollandaise, pour réaliser une saison pleine. J’ai beaucoup appris, je me suis épanouie en tant que joueur. À cet âge-là c’est en enchainant les matches chaque semaine que tu peux élever ton niveau, grandir en tant que joueur et corriger tes erreurs. Je savais que je devais passer par là.

Maintenant, tu évolues à Saint Trond, en D1 belge. Chaque année, le club joue presque le maintien, c’est une situation compliquée ?

Ces dernières années, on n’a pas vraiment joué le maintien. On a même joué les play-offs 1 l’année dernière. C’est un club assez stable même si cette année on a très mal commencé le championnat. On joue souvent le milieu de classement. C’est un championnat difficile. Les gens ne s’en rendent pas compte. C’est très physique et il y a un gros rythme.

Tu as 24 ans, est ce que ce n’est pas le moment de passer un cap ?

Oui, j’entame ma troisième année avec St-Trond, l’objectif c’est de faire un pas en avant. Pourquoi pas un club des 5 grands championnats, m’installer là-bas. Pour l’instant, je suis concentré avec mon club mais s’il y a une opportunité pour que je passe un cap, je le passerais.

Samy Mmaee, lors de sa saison à Maastricht en D2 hollandaise

Ce cap, c’était peut-être Saint-Etienne… Tu étais proche de rejoindre le club cet été ?

Il y a eu contact avec Saint-Etienne, mais c’était à la dernière minute. C’était compliqué. Ils n’ont pas réussi à finaliser tout ça à temps. C’est peut-être un mal pour un bien. Je voulais quitter Saint-Trond en faisant les choses bien, proprement, sans précipitation. Si ça c’était fait, ç’a aurait été fait rapidement.

Si le mercato avait duré un jour de plus, tu aurais signé ?

On peut dire ça, oui. Ça ne s’est pas joué à grand-chose. Finalement, je suis resté ici. J’ai encore des choses à prouver. On verra où j’en suis au prochain mercato, à la fin de la saison. Pour l’instant, je ne sais pas si j’ai toujours des contacts, ce n’est pas moi qui m’en occupe. Moi, je suis concentré sur le terrain maintenant parce que je vais y rester encore. On verra quand le mercato ré-ouvrira.

Hanif Ben Berkane

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